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2 0 0 9 -
2 0 1 0
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Colloque
international sur Philippe
Lacoue-Labarthe
Philosophe qui refusait la "pose
philosophique", Philippe Lacoue-Labarthe
aura été un penseur de grande envergure.
Qu'il se soit intéressé à Diderot ou à
Rousseau, à la poétique de Benjamin, à
la théorie de Lacan ou à la poésie de
Celan, à chaque fois il en a donné des
interprétations novatrices. Dès ses
premiers écrits, il s'est intéressé à la
manière dont ce quasi-concept
inassignable pouvait ébranler les
certitudes de la philosophie. Ce qui
l'avait conduit à interroger la fonction
de la mimésis au théâtre, à partir d'une
relecture de Diderot et surtout de
Hölderlin. L'analyse qu'il a donnée,
notamment dans L'imitation des modernes
(Galilée, 1986), de la conception
hölderlinienne de la "césure" tragique
est devenue classique. Il en est venu
alors à examiner la question du mythe,
le projet -propre aux temps modernes- de
créer une "nouvelle mythologie" et ses
enjeux philosophiques et politiques,
depuis le romantisme allemand jusqu'à
Wagner [...]
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Colloque international "Franz
Rosenzweig : politique, histoire,
religion"
Colloque
organisé dans le cadre du Parlement des
philosophes et de l'Université Marc
Bloch de Strasbourg.
Notre intérêt se centrera sur quelques
textes que Franz Rosenzweig, soldat
autrichien combattant dans la défense
anti-aérienne, a écrits au cours des
dernières années de la Première Guerre
mondiale sur le front des Balkans (en
Macédoine et en Serbie).
L’expérience de la guerre et le départ
d’Allemagne contraignent l’auteur de
Hegel et l’État (1920) et de L’Étoile de
la Rédemption (1921) à penser la
transformation de l’ère européenne en
une ère planétaire et à expliquer le «
passage » de la terre au monde et la
rivalité entre les peuples. Il semble
nécessaire de pointer aujourd’hui le
sens profond de ces textes – dont les
trois plus importants de cette période
ont été traduits en français
(Confluences, Vrin, 2003) – et de
montrer dans quelle mesure Rosenzweig
est le précurseur et le chef de file de
la pensée de l’espace européen et, en
général, du processus de globalisation.
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Colloque "Les usages du
vivant"
Ces
trois journées d’études
sont
organisées
conjointement par le
Parlement des
philosophes, l’équipe
d’accueil de philosophie
2326 (UMB) et l’Institut
de Recherches
Interdisciplinaires sur
les Sciences et la
Technologie
(ULP). Elles
ont pour objectif
de chercher à comprendre
les usages spécifiques
que les biotechnologies
font ou pourraient faire
du vivant. Or,
comprendre un usage qui
fait naître de nouvelles
possibilités ne consiste
pas simplement à prendre
acte d’un développement
technologique rendant
possible cet usage,
c’est aussi et surtout
chercher à décrypter, en
amont, quels sont les
présupposés théoriques
et les représentations
idéologiques qui sont en
jeu dans
l’interprétation et la
proposition de cet usage
technique, et chercher à
évaluer, en aval,
quelles sont les
implications éthiques,
sociétales et
existentielles d’un tel
usage
[...]
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Groupe de lecture "Résister au
présent"
La
tâche que, d’emblée, nous nous sommes
assignés consiste à créer un espace de
résistance. Avec, de surcroît, pour seul
garde-fou devant l’immensité du problème,
qu’au demeurant nous situons sur le
seuil du politique, un conditionnement
sur un mode binaire : se garder de la
nostalgie, fût-elle seulement le sublime
proto-évènement à quelque
existentialisme ou scepticisme
subséquent ; et ne pas céder, ou tout du
moins, se méfier de toute «pensée» ou «valeur»
dite universelle. Et encore, ces
conditions ne sont que pré-détermination
méthodique ; tout reste à déterminer.
Si, à l’unanimité, nous avons la vague
impression qu’une résistance est à mener,
nous n’en comprenons bien nous-même ni
la genèse, ni la pertinence. Mais qu’est-ce
au juste, que résister ? Et qu’entendre
par résistance ? [...]
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Journée d'étude "Walter Benjamin :
Du droit au mythe ?"
Au début des années soixante-dix, le public français a pu
prendre connaissance d’une partie des
écrits de Walter Benjamin à travers deux
volumes d’œuvres choisies dont l’un
était intitulé « Mythe et violence » par
son éditeur. Ainsi la réception
française était-elle déjà orientée vers
ces aspects limitrophes de la pensée
politique de Benjamin, mettant l’accent
sur des textes révélant des affinités
politiques parfois étonnantes – au moins
à première vue –, comme dans l’article «
Critique de la violence » dans lequel
Benjamin n’hésite pas à s’appuyer sur
Georges Sorel. En Allemagne, par contre,
la découverte de son œuvre est restée
longtemps sous les auspices de la
Frankfurter Schule, évitant plutôt des
rapprochements qui auraient pu mettre
trop en doute la compatibilité constante
de la pensée de Benjamin avec le projet
de la Kritische Theorie, ce qui a valu
beaucoup d’attaques à ce monopole
d’interprétation présumé. [...]
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Table ronde "Philosophie de la
frontière, frontières de la philosophie"
La
philosophie occidentale s'est toujours
présentée comme une discipline
frontalière, dans tous les sens du mot.
Elle se propose en effet de tracer des
frontières, des lignes de démarcation
(entre le sensible et le suprasensible,
le vrai et le faux, entre la "véritable"
philosophie et la sophistique, etc.) :
en ce sens, elle témoigne, comme le dira
Levinas, d'un "narcissisme ontologique",
d'une "allergie à l'Autre". Mais, en
même temps, elle se tient à la
frontière, au point de croisement de
différentes démarches (l'art, la
religion, la science, la politique...)
et se réclame d'une visée d'universalité
qui transcende les différences d'ethnie,
de religion, de classe ou de sexe [...]
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Journées d'étude sur l' "Animalité"
L’objectif
du colloque est de proposer une approche
transversale du thème de l’animal qui
rende possible une confrontation entre
les différentes façons de l’aborder, en
articulant les points de vue littéraires,
philosophiques et scientifiques. Trois
axes principaux organiseront la
rencontre : 1) Le savoir de l’animal : Que dit l’éthologie
à propos de l’animal ? L’animal est
défini comme le vivant sans langage,
sans raison, incapable de rire, qui ne
peut pas faire usage de sa main, qui n’éprouve
pas le besoin de se vêtir, qui ne
connaît pas la pudeur. Mais ces façons
de le saisir sont toutes issues du
postulat d’une différence originaire
avec l’homme : peut-on penser l’animal
en faisant abstraction de l’homme ou du
rapport à l’humain ? L’éthologie,
est-elle consciente d’user du logos,
d’une rationalité proprement humaine,
pour définir l’animal ? Et ainsi ne s’écarte-t-elle
pas de ce qui serait propre à l’animal ?
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2 0 0 6 -
2 0 0 7
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Séminaire
De l’avenir de nos établissements
d’enseignement : formation et révolution
Ce
groupe de travail voudrait proposer un
lieu de réflexion, un espace de
questionnement au sujet de l’avenir de
nos établissements d’enseignement. Il
s’agira de s’interroger sur la formation
à la "culture" dans les institutions
ac-tuelles et sur leurs potentialités de
transformation intellectuelle et
sociale. En quel sens l’institution
serait-elle un lieu où se joue la
transformation ? Est-elle le lieu où
l’on prend partie à la formation ou
celui où on la subit ? Faut-il d’abord
entendre l’établissement de formation
comme "lieu de pouvoir" du savoir,
c'est-à-dire comme institution où le
savoir est organisé autoritairement,
hiérarchisé, sectorialisé, ou bien comme
lieu où les savoirs sont remis en cause
et ouverts à leur déconstruction ?
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Colloque
" Guy Debord et La société du spectacle
"
Voilà 40 ans qu'éclatait le scandale de
Strasbourg : la "conquête" de l'AFGES
par un groupe d'étudiants radicaux
proches de l'Internationale
Situationniste. Cet événement qui allait
faire connaître très largement
l'existence et les positions de l'IS.
Nous voulons, à l'occasion de cet
anniversaire, amorcer une véritable
réflexion collective sur la pensée de
Guy Debord, toujours victime du
discrédit et de la censure qui
continuent de peser sur la "pensée-68" –
et de la réappropriation spectaculaire
qui a transformé la notion de "société
du spectacle" en lieu-commun du
prêt-à-penser médiatique. Le moment est
venu de s'interroger sur la portée de sa
théorie. Qu'en est-il de sa lecture de
Marx? Comment ses déclarations sur la
"mort de l'art" s'articulent-elle à la
pratique politique et artistique de l'IS
et à ses propres films? Qu'en est-il,
aujourd'hui, de la critique du spectacle
et de la vie quotidienne, alors que
s'est dissipé le mythe de la "révolution
prolétarienne" qui la sous-tendait? Quel
pourrait être l'apport de Debord à
l'élaboration d'une nouvelle théorie
critique?
Ce sont ces questions -et d'autres
encore- dont nous voulons discuter.
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Journées d'étude
"L'ordre du monde"
En
interrogeant et en
problématisant l'ordre dit
mondialisé ou globalisé,
cette journée voudrait
déterminer les possibles
enjeux philosophiques de la
« mondialisation », entre
universalité du marché et
paix perpétuelle, entre
quête d'un « autre » monde
et exploration de nouvelles
formes de souveraineté.
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Journée d'étude
"Soren
Kierkegaard. Figures, paragigmes, récits"
Comment
comprendre le Kierkegaard « poète du
religieux » ? Et comment penser les
fictions, narrations, personnages et
pseudonymes dans leur rapport impossible
au concept ?
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2 0 0 5 -
2 0 0 6
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Journées d'étude
"Qui est européen ?"
«
Qui est Européen ? » Impossible aujourd’hui
d’évacuer le ton policier d’une telle
question. Mais encore, la réponse
policière, violente et évidente,
s’impose massivement : est Européen l’homme
ou la femme qui peut montrer son
passeport européen. Le reste n’est que
torture intellectuelle et inutile. Ne
nous reste-t-il que le silence aveugle
de la pratique ? Encore : la philosophie
du vingtième siècle nous a enseigné la
méfiance du qui et du quoi. Ne nous
reste-t-il que le silence de la théorie
?
Dans le deuil conjugué de la pratique et
de la théorie, des voix proposent d’avancer
de bric et de broc, avec quelques
pratiques de paroles découpées dans les
lambeaux de l’esprit logique. Une
première idée, vague : l’Européen fait
une indigestion d’histoires. Mais l’histoire
efface une caractéristique de l’Européen
: il est partout, mondialisé. C’est la
géographie que nous voulons fréquenter,
cette écriture de la terre qui inscrit
et circonscrit l’Européen et l’Europe.
Plus précisément : bricoler un radeau
géographique et imaginer quelques
vignettes ou projections de l’Europe et
de l’Européen.
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Journées d'étude
"Communauté"
Comment
relancer, aujourd’hui, la question de la
communauté si ce n’est en tant que «
communauté sans fondement » ? Comment
est-il encore possible de se fier, en
effet, à l’insistance et la résistance
de ce terme dans la question du
politique, sinon en cherchant à se
placer au-delà ou en deçà des mythes et
des idéologies qu’elle laisse
immédiatement surgir ? Mais alors
comment reconsidérer l’histoire de cette
notion sans courir le risque de paraître
donner dans ce geste même une
signification à nouveau surchargée du
terme « communauté » ? Dans quelle
mesure, ainsi, est-il possible de
retenir la force du désir qui a toujours
accompagné ce mot sans qu'aussitôt ce
désir ne se traduise dans la violence
d’un remplissage de sens ?
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Colloque
international
"Ethique, politique, philosophie. Emmanuel Levinas dans le
siècle à venir"
La
philosophie d’Emmanuel Levinas a emporté
une repensée foncière de l’être, de ses
catégories et de son rang. C’est une
conception inédite et inouïe de la
subjectivité qui en est l’enjeu, en tant
qu’elle se structure comme ayant à
répondre d’une responsabilité éthique
irréductible à ce qu’avaient déterminé
les philosophies morales et politiques
sous ce vocable. Le colloque voudrait
évoquer les « questions » qui viennent
après la « réponse » : la nature et le
statut de l’éthique selon Levinas, les
modalités de son articulation avec la
Justice et les requêtes du Tiers, l’exercice
même de la philosophie, sa pratique et
son écriture, après le dé-dire
lévinassien. Il se demandera à quel
avenir peut bien être promise une pensée
si radicale et si audacieuse, d’un
siècle à l’autre.
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Groupe de lecture
"De l'avenir de nos
établissements d'enseignement"
En
partant d’un texte de Nietzsche, dont
nous empruntons le titre pour notre
séminaire, mais aussi, en suivant un
héritage philosophique quant à la
question du savoir et de sa pratique,
nous voudrions proposer, à toutes
personnes intéressées, un lieu de
réflexion, un espace de questionnement
au sujet de l’avenir de nos
établissements de formation.
Par une lecture de ce texte de jeunesse
de Nietzsche, nous serons amenés à nous
interroger sur la relation de l’université
à la pensée, leur rencontre et leur
opposition ; la relation entre la
connaissance et le travail, mais aussi
sur ce qu’il en est des fondements de l’éducation,
de la formation en général,
philosophique en particulier.
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Colloque
international
"Les lumières médiévales. Juifs,
chrétiens, musulmans"
A
l’heure de la montée des intégrismes,
des communautarismes, il est nécessaire,
pour la salubrité même de la pensée –
par-delà les prises de positions
passionnées – de faire retour ou tout au
moins de réfléchir sur ce qui est
souvent nommé « valeurs occidentales »
ou « monde occidental ». Sur quel socle
reposent-t-ils ? Les Lumières modernes
semblent en être aussi bien l’origine
que le fondement, accordant une place
centrale à la raison, militant pour une
égalité de tous, tout au moins quant aux
instruments de connaissance, pour le
recul de l’obscurantisme en faveur du
savoir. Or, notre modernité n’est-elle
pas par-là même hantée pas d’autres
lumières, non pas celles du seul savoir
mais de la foi ? Les lumières médiévales,
fondant la raison sur la Révélation, qu’elle
soit juive, chrétienne ou musulmane, ne
viennent-elles pas hanter notre
modernité et par-là même interroger son
idéal de transparence, comme en creux de
ses « valeurs » trop souvent insues ?
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30
novembre-5 décembre 2004
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Colloque
international
"Heidegger. Le danger et la
promesse"
Du
30 novembre au 1er décembre, le
Parlement des philosophes réunit à
Strasbourg près de quarante philosophes
européens et américains pour une session
exceptionnelle, qui sera l’une des plus
importantes rencontres consacrées depuis
des années à la pensée de Heidegger.
Pourquoi une telle rencontre aujourd’hui
? Les raisons sont nombreuses : on pense
à la révolution philosophique dont il
fut l’instigateur (l’une des plus
importantes depuis Kant), au « cas
Heidegger » et sa compromission avec le
nazisme ou encore à l’influence qu’il
exerce sur la philosophie contemporaine.
Ces six journées nous permettront
surtout de mettre la pensée de Heidegger
à l’épreuve de notre temps : comment
penser la fin de l’histoire et l’Europe,
la religion et l’humanisme, la
mondialisation et la technique, le
statut des valeurs et le nihilisme ?
Avec lui et même contre lui, comment
penser Heidegger aujourd’hui, ses
dangers et ses promesses ?
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Rencontre avec Jacques Derrida
"
Ce qui m'a, depuis le commencement,
appelé à Strasbourg, attiré vers votre
ville, ce qui nous a ici rassemblés, ce
qui a fait de mon amour pour cette ville
une des bénédictions de ma vie, ce fut
d'abord et toujours l'injonction
intraitable de la pensée. Rien n'aurait
eu lieu, et pour lieu Strasbourg, sans
cela, sans cette injonction qui fut
aussi un désir de penser et d'écrire,
chacun à sa manière, de la philosophie,
au sujet de la philosophie mais aussi de
la littérature, de la poésie, du théâtre,
de la musique et des arts visuels, puis
traversant tout cela, puisque c'est de
l'amour d'une ville que je parle, d'une
métropole qui n'est pas n'importe
laquelle en France et en Europe,
traversant tout cela, disais-je, il y
eut la politique, le politique dont nous
reparlerons encore... " (tiré de :
Jacques Derrida, Penser à Strasbourg)
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Journées d'étude
"Georges Bataille"
Georges
Bataille a voulu érotiser le savoir et
connaître l'érotisme. Le savoir porte
chez lui la marque d'un désir
transgressant les interdits. D'où une
hétérogénéité des champs que sa pensée
recouvre (ethnologie, politique,
économie, littérature, philosophie,
art). Cette hétérogénéité entame les
limites de chaque savoir et met au jour
le « refoulé » séparant un champ de
lui-même : le « sacré », la « part
maudite », le « Mal », l'« impossible »,
l'« informe », autant de synonymes
désignant le désir qui joue en l'homme.
A la fois sinueuse et tranchée,
insistante et arrivant là où on ne l'attend
pas, la pensée de Bataille invite à une
rigueur attentive et à accéder à la
liberté du désir.
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Colloque
"L'exclusion démocratique"
L'adhésion
à la «démocratie» fait aujourd'hui l'objet
d'un consensus presque unanime. Ce qui
doit éveiller notre vigilance critique:
ne faut-il pas reconnaître qu’en
démocratie la domination, les inégalités,
l'injustice perdurent sous des formes
nouvelles? Ce régime s'est fondé en
proclamant l'égalité universelle, le
libre accès de tous à l'expression
publique et à la décision politique.
Pourtant, il tend à exclure un grand
nombre de citoyens des lieux de décision
où est censée se manifester la volonté
«générale»: exclusion, jadis, des
prolétaires, des femmes,des «anormaux »
et, aujourd'hui, de ceux qui sont
désignés comme «immigrés », «clandestins
», etc. [...]
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