[Groupe de lecture : " Résister au présent "]
Novembre 2007 - mai 2008
sous la responsabilité de Nicolas Saint-Eve et Alexis Zimmer

 
 

[...] Avec un peu plus de vigueur,
d’envolée, de courage, de sens
artistique, ils [ces sceptiques
ennemis du réel] souhaiteraient
passer au delà, et non
retourner en arrière.

Démarche liminaire :

La tâche que, d’emblée, nous nous sommes assignés consiste à créer un espace de résistance. Avec, de surcroît, pour seul garde-fou devant l’immensité du problème, qu’au demeurant nous situons sur le seuil du politique, un conditionnement sur un mode binaire : se garder de la nostalgie, fût-elle seulement le sublime proto-évènement à quelque existentialisme ou scepticisme subséquent ; et ne pas céder, ou tout du moins, se méfier de toute «pensée» ou «valeur» dite universelle. Et encore, ces conditions ne sont que pré-détermination méthodique ; tout reste à déterminer. Si, à l’unanimité, nous avons la vague impression qu’une résistance est à mener, nous n’en comprenons bien nous-même ni la genèse, ni la pertinence. Mais qu’est-ce au juste, que résister ? Et qu’entendre par résistance ?

Se définit-elle immanquablement par son objet ? Suppose-t-elle une lutte corrélative ? Ladite lutte se déploie-t-elle à travers un problème à partir duquel elle pourrait prendre forces et formes ? A moins qu’il n’y ait, au creux de ces diverses interrogations à peine esquissées, des enjeux qu’il nous est peut-être difficile de percevoir. Et pourtant, nous ne sommes pas fous ; il y a bien un problème, bien que pour le moment insaisissable. En ce sens, nous voudrions croire que ce groupe constituera le motif à la possibilité d’une saisie ; à nous alors d’en inventer les modalités.

Cela étant dit, quoiqu’encore de façon spéculative, il nous faudra renouveler les outils de l’analyse afin que la résistance, dont nous sentons bien l’urgence, trouve les modalités de son énonciation. Enonciation qui, dès lors, comme on tentera de le voir, sera l’annonce de problématiques mettant en jeu les différentes manières de narrer le monde et la transmission qu’elles appellent. Cela pour répondre à une inquiétude partagée, laquelle se cristallise et se déploie dans ce projet séminorial.

Chaque séance s’ouvrira sur la discussion d’un extrait de texte qui servira de départ à l’interrogation ; sera laissée une large place à la discussion. Pour notre séance d’ouverture, nous proposons la lecture d’un texte de J.-P. Vernant et de M. Détienne ; en l’occurrence un extrait de leur ouvrage Les ruses de l’intelligence, la mètis chez les grecs. Par la suite, nous essayerons d’assumer des chemins de pensée, qu’ils partent de textes philosophiques ou non (Patocka, Deleuze, Derrida, Foucault, Guattari, Baudrillard, Rancière, Michéa, Salmon, Stengers etc.). Et cela sans qu’aucune compétence préalable ne soit requise, entendu qu’il s’agit pour nous de désamorcer ce que de prétendues compétences impliquent de conséquences.

 


Les rencontres auront lieu à 18h au Centre Bernanos (30 rue du Maréchal Juin, 6700 Strasbourg), en salle Dali, aux dates suivantes :

- jeudi 24 janvier 2008
- jeudi 7 février 2008
- jeudi 28 février 2008
- jeudi 6 mars 2008
- jeudi 20 mars 2008
- jeudi 3 avril 2008
- jeudi 24 avril 2008